Se réconcilier avec soi même

S'accepter, se plaire à soi même (soi m'aime), est une étape cruciale bien que délicate. En effet, nous avons tendance à voir plus facilement nos défauts (dés faux), nos imperfections, ce que nous détestons en nous et sur nous, plutôt que nos qualités. Pourtant, il est bien plus bénéfique de voir notre lumière, de l'alimenter et la faire briller.

Comprenons que nos défauts sont les résultantes d'anciennes croyances, et ils ont, à un moment donné de notre vie, servi à nous protéger. Puis, ils se sont installés en nous jusqu'à devenir notre réalité. Un défaut est un filtre dont nous pouvons nous détacher, pour cela et comme toujours, il est nécessaire de mettre de la lumière sur cette zone obscure. Mais avant ce travail de prise de conscience, nous pouvons commencer par transformer nos imperfections en atouts, en nous appuyant sur ce qu'ils ont de positifs, car, même dans un défaut brille la lumière.

Lorsque l'on dépoussière (pousse hier) le défaut, on peut y voir une valeur positive, aussi mince soit-elle, tout en gardant en tête qu'un défaut n'est pas ce que l'on est, il est un simple filtre. Il est bon d'avoir de la compassion envers soi même et de transformer notre vocabulaire.

En premier lieu, remplaçons le mot "défaut" par celui de "filtre", regardons leurs valeurs positives et utilisons un nouveau vocabulaire

Par exemple, si je suis une personne qui doute beaucoup, cela signifie aussi que je suis une personne sensible, que réside en moi une certaine forme de sagesse (je peux alors travailler pour être qui JE SUIS). Ou encore, si je suis une personne qui a tendance à me mettre en colère, cela signifie que j'aime être en affinité avec ce qui m'entoure (je peux alors travailler sur l'ACCEPTATION); si je suis une personne de nature sauvage, cela signifie aussi que je suis plutôt autonome dans la vie (je peux alors travailler sur DONNER/RECEVOIR); si je suis une personne assez paresseuse, cela signifie aussi que j'aime prendre du temps pour moi (je peux alors travailler sur l'écoute de mes ENVIES profondes)...

Ainsi, "je doute de moi" deviendra "je suis sensible""je suis colérique" deviendra "je sais ce que je veux""je suis jaloux" deviendra "j'aime me sentir unique"... et ainsi de suite. Attention, il ne s'agit pas là de se voiler la face et de s'accrocher à ces filtres qui pèsent sur notre être, car nous savons qu'ils nous desservent et sont les fruits de notre ego, mais simplement d'être bienveillant envers soi et de remplacer le vocabulaire que l'on utilise pour se définir. Soyons plus doux, plus aimant, plus compatissant, car dans tous les cas nous faisons de notre mieux. Plus nos mots sont positifs, plus notre attitude est aimante, plus nous alimentons notre lumière. A contrario, plus nos filtres sont nourris plus ils ont de pouvoir sur nous.

Il en va de même avec nos imperfections physiques. Sans le vouloir, nous avons tendance à utiliser un vocabulaire négatif, pour ne pas dire injurieux, lorsque nous n'aimons pas des parties de notre corps. Pourtant, ici aussi nos imperfections ne sont que des filtres protecteurs.

Ainsi, un ventre que l'on n'aime pas devient un "bide", un corps non accepté devient "boudin", une personne en surpoids devient "une vache", une autre trop maigre sera "un sac d'os", un grand nez devient "un gros pif", des dents abîmées des "chicots"... notre imagination pour nous définir est sans limites. Ces mots blessants ne sont pourtant pas ce que nous sommes, et, ici aussi, il est nécessaire de revoir notre vocabulaire. Plus nous employons ces termes péjoratifs plus nous donnons de l'importance à nos complexes, donc plus nous les mettons en valeur. Le Verbe est créateur, ne l'oublions jamais.

Soyons aimant et tendre avec notre corps, notre temple.

En effet, des kilos en trop ne sont qu'une manière inconsciente de créer un bouclier autour de soi (nous pouvons donc travailler sur notre CONFIANCE), à contrario une trop grande maigreur est une façon de fuir la réalité (nous pouvons donc travailler sur notre ANCRAGE), un dos courbé signifie que l'on porte le poids du monde sur les épaules (nous pouvons donc travailler sur notre LÂCHER-PRISE)... notre corps en dit long sur nous, il est un langage à part entière, un langage universel, et l'observer nous permet de comprendre ce qui nous pèse, de prendre conscience de nos blessures et de travailler à les refermer. Alors, aimons nos imperfections physiques, elles ont des messages à nous porter, et répondre à ces messages délivre un accès direct à l'amour de soi, à l'acceptation. Notre corps, tout comme nos maux et caractères, en dit long sur nos blessures. Et, pour apprécier notre véritable beauté, nous devons remplacer notre vocabulaire, nous envoyer de l'amour et non de la haine.

Ce n'est qu'en voyant nos défauts et imperfections comme des filtres que nous nous aimerons. Ce n'est qu'en nous envoyant de l'amour que nous vibrerons amour. Ce n'est qu'en utilisant des termes lumineux pour nous définir que nous brillerons.

Transformer notre intérieur et réviser nos croyances impactera positivement sur notre extérieur : notre corps; et sur notre intérieur : nos défauts.

 

Emilie Dedieu

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