Accepter les maux de coeur

Nous le constatons depuis quelques temps, un nombre grandissant de personnes traversent des épreuves liées à la séparation, que ce soit un divorce, un deuil, une perte d'emploi, un déménagement, une rupture amicale, une perte d'argent... Nous remarquerons que tout ce qui nous fait souffrir ici bas est à mettre en parallèle avec une séparation.

Cela est très déstabilisant et douloureux, car souvent inattendu en apparence. Pourtant, ces diverses séparations ne sont pas le fruit du hasard ou de la fatalité, mais les pièces d'un puzzle plus gigantesque, d'un plan invisible à nos yeux physiques. En effet, lorsque l'on a le nez dans le guidon, on ne voit pas l'horizon. 

Parlons maintenant des sentiments et émotions désagréables qui nous habitent lors d'épreuves, car ils sont on ne peut plus normaux. J'insiste sur ce fait, ils sont NORMAUX.

Oui, c'est normal de pleurer la perte d'une personne

Oui, c'est normal d'avoir peur du changement

Oui, c'est normal de se sentir perdu lorsque l'on perd son emploi

Oui, c'est normal d'être tourmenté, effondré, écœuré, triste...

Ces réactions sont fréquentes, bien qu'elles ne soient pas obligatoires. Elle sont courantes, majoritaires, donc s'inscrivent dans la « norme ». Cela ne fait pas de nous des nuls, des peureux, des moins que rien ou autres, elles font de nous des êtres humains avec un grand cœur. L'intensité et la durée de ces émotions négatives varient selon les individus, les vécus, les blessures.

Lorsque nous vivons une séparation, un « trou » se forme dans le cœur, momentanément. Cette plaie laisse alors apparaître une horde de soucis qui étaient jusque là endormis, qui semblent plus graves les uns que les autres. Soucis qui ne pouvaient nous approcher lorsque le cœur était fermé.

Par exemple on se demandera comment s'en sortir financièrement sans emploi, comment combler le manque d'une personne, comment anticiper l'avenir... car ces personnes/emplois/biens formaient notre puzzle, et lorsqu'une pièce se retire le puzzle n'a plus de sens, le dessein s'efface même si ce n'est qu'en partie. Le mental qui aime la routine est déstabilisé, il lutte, il refuse de lâcher-prise, de laisser partir la pièce. Il est en colère, triste... et c'est normal.

Dans ces moments durs, il est difficile de se détacher du mental.

Ne culpabilisons pas, ne nous jugeons pas, ne nous dévalorisons pas, ressentir ces émotions est normal, dans le sens où elles traversent la plupart des personnes. Ce qui est moins « normal » est de rester définitivement dans cette spirale négative, la peur ne doit être que passagère, une intermédiaire entre l'ancien et le nouveau Moi. Lorsque l'on relève la tête du guidon on entrevoit enfin la lumière, alors, les émotions négatives s'éloignent, le cœur guérit sa propre blessure, il remplace la pièce manquante. Cela nous rend plus fort et indépendant. La colère s'apaise, la tristesse passe, la peur s'endort car l’Histoire continue. Notre vie s'écrit jour après jour, elle ne s'arrête pas à un moment précis, elle ne se fige jamais.

Alors, acceptons que de temps à autre une épreuve nous déstabilise, nous peine, nous fasse douter, c'est normal et cela passera.

Plus tard, nous regarderons en arrière et comprendrons que l'épreuve était un enseignement.

Emilie Dedieu

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