Le détachement

Lorsque les attaques personnelles ne nous mettent plus en colère, cela paraît une bonne chose.
Puis, lorsque les compliments ne nous touchent plus, cela devient étrange.
Alors, quand nous voyons les expériences douloureuses avec détachement, cela paraît "inhumain".
 
Qui suis-je? Où vais-je? ... Et bien d'autres questions s'entre-choquent dans notre tête.
 
Finalement, lorsqu'une attaque nous affecte cela prouve que nous sommes vivants. Lorsqu'un compliment nous flatte, cela prouve que nous sommes vivants. Nous vivons et nous identifions à travers ces flux émotionnels, au travers la vision d'un autre, alors, quand plus rien ne nous touche, que ce soit dans le sens négatif ou le positif, qui sommes-nous?
 
Les compliments sont une source d'énergie, nous nous alimentons de belles paroles, de gestes affectueux, et au contraire, nous perdons de l'énergie lorsque nous débattons pour imposer notre point de vue, lorsque nous nous justifions. Ce flux énergétique qui va et vient, créé un mouvement en nous, qui nous rend fort ou faible mais surtout vivants, même si cela reste illusoire.
Et parvenir à se libérer de tout ce vacarme extérieur, qu'il soit bon ou mauvais, c'est entrer dans le silence, le vide.
 
Accepter le vide s'apparente à accepter la mort.
Et accepter la mort c'est accepter la vie, car l'une ne va pas sans l'autre.
 
Finalement, voir son vide intérieur c'est voir qui nous sommes réellement. Se détacher des remarques, des flatteries, des attaques, des compliments, tout simplement de ce qu'on dit ou pense de nous, c'est être qui nous sommes, sans filtres, sans barrières, sans ce besoin d'être nourri par des énergies autres que les nôtres.
 
Nous avions l'habitude de nous nourrir des autres, et maintenant nous allons trouver notre nourriture à l'intérieur de nous même. Cela s'appelle le détachement.
 
Se détacher c'est aussi s'ouvrir aux autres, même si cela paraît paradoxale. Car lorsque l'on se détache, on perd une partie de nos jugements, de nos croyances, de nos limites... de tout ce qui nous liait (les mains et pieds), c'est tout simplement jeter nos "attaches" si lourdes. Nous n'attendons plus de l'autre qu'il ait la même vision que nous, nous l'acceptons tel qu'il est, car nous savons qui nous sommes et n'avons plus ce besoin d'être rassuré. D'ailleurs, plus aucun besoin ne nous habite.
 
Lors du détachement, notre ego meurt en emportant avec lui un peu de notre ancien nous. C'est une Sacrée transformation qui nous révèle notre vrai moi. Ainsi nous sommes libre (libéré) et pouvons accueillir. Tous nos besoin seront remplacés par des envies, et comme le mot l'indique: "en vie".
 
C'est un période qui peut paraître difficile, mais ô combien importante et libératrice. 
 
Alors n'ayons plus peur du vide, car le vide est lui aussi porteur de vie, il est simplement un récipient prêt à accueillir la vie.
 
Il existe plusieurs niveaux de détachement, ces périodes se mettent naturellement en place quand nous sommes prêts à les vivre.
 
Emilie Dedieu