L'effet papillon

Je remarque que de plus en plus de gens se plaignent de ce que devient le monde dans lequel on vit, un grand nombre de personnes affirment que c'était mieux avant, que les choses étaient plus simples, les valeurs plus correctes, tout cela en s’appuyant sur tout un tas d'exemples (l'éducation, l'école, le gouvernement...). En toute objectivité, il est vrai que cela pourrait aller mieux sur Terre. 

Toutefois, lorsque l'on se plaint du monde d'aujourd'hui, on oublie une donnée primordiale : ce sont nos choix d'hier qui nous ont menés où nous sommes aujourd'hui. 

Crier haut et fort que c'était mieux avant, que le monde de maintenant court à sa perte, revient à ignorer que c'est sur ce "avant" que le monde s'est construit, on peut donc en déduire que ce "avant" n'était pas aussi bon qu'on ne le pense, car ce "avant"  a donné naissance aux malaises de nos jours. Si c'était si bien avant, la Terre aurait poursuivi une ascension positive.

Par exemple, on peut remarquer que les parents sont de nos jours plus permissifs qu'à l'époque. Par conséquent, beaucoup déduisent que les enfants d'aujourd'hui sont moins disciplinés car on leur donne moins de limites. C'est un grand raccourci que l'on prend lorsque l'on affirme cela, et c'est aussi une façon de se dédouaner de la situation Car, si on y regarde de plus près, les choses sont plus complexes que cela, il est certain qu'auparavant c'était bien plus stricte, j'ai personnellement connu un système scolaire qui autorisait les fessées pour les enfants turbulents ou encore du scotch collé sur la bouche pour les plus bavards. J'appartiens pourtant à la génération des années 80, c'est donc assez récent. Alors, certes, le système scolaire nous encourageait à suivre les consignes, cela limitait peut-être quelques débordements, mais à quel prix ? Car un enfant a qui l'on donne une fessée devant la classe en ressort humilié, ni plus ni moins. Malgré cela, nombre de personnes clament encore que les fessées n'ont jamais fait de mal à personne et incitaient les enfant à obéir, qu'il faudraitrétablir cela. Pourtant, ce sont justement ces "petits" sévices qui ont fait des parents d'aujourd'hui des parents peut-être un peu trop permissifs, dans le but de ne pas reproduire leur passé. On constate donc qu'une attitude donnée a des répercussions deux générations plus tard. Il n'existe pas de fossé entre hier et aujourd'hui, tout est lié, le chemin n'est pas divisé en plusieurs parties il n'est qu'un, tout comme nous formons tous cette même unité même si nous refusons de le voir.

Des milliers d'autres exemples existent, qui démontrent que l'état actuel de la Terre n'est que la somme de nos choix d'hier. Les exemples les plus frappants étant les guerres qui éclatent encore de nos jours, parfois la cause première est si lointaine que nul ne la connait réellement. 

C'est ce que l'on peut appeler l'effet papillon. 

Ainsi, il est peut-être plus simple de se plaindre de l'état actuel des choses, de clamer que c'était mieux avant, mais cela nous place en tant que victimes, cela peut même aller jusqu'à nous causer du désespoir. Pourtant, absolument aucun rôle n'est passif, nous sommes tous actifs, de par nos pensées/paroles/actions, par ailleurs, même lorsque ces pensées/paroles/actions ont été causées par d'autres, dans un autre lieu et un autre temps, cela ne nous rend pas victimes pour autant. Se plaindre c'est rejeter la faute sur l'autre, et bien souvent c'est laisser les choses telles quelles. 

Par conséquent, comme c'est bel et bien nos choix d'hier qui ont mené le monde où il est aujourd'hui, comprenons que nos choix d'aujourd'hui modèleront à leurs tours le monde de demain ! Rien ne s'arrête jamais, passé-présent-futur sont à jamais la même voie que l'on emprunte.

Cessons une bonne fois pour toutes de crier que c'était mieux avant, car ce n'est qu'une façon de se voiler la face et de nier que la réalité d'aujourd'hui est la conséquence de ce passé si chérit, laissons le passé au passé et changeons ce qu'il y a à changer ici et maintenant, afin d'offrir un avenir meilleur au monde.

 

Emilie Dedieu