L'autre, notre miroir

On dit souvent que l'autre est notre miroir, mais que cela signifie t-il?

Cela veut dire que ce que l'on voit en premier lieu chez l'autre et critique avec force, est ce que l'on possède en soi, car ce quelque chose entre en résonnance avec une partie de nous.

Alors, nous jugeons, nous critiquons, pour convaincre l'autre et avant tout soi même, que ce défaut ne correspond pas à ce que nous sommes. On attaque l'autre pour cacher ce qui nous habite. Il est bon de remarquer que plus nous réagissons avec violence face à un comportement, plus celui ci nous habite, cette violence est une forme de non-acceptation de ce qui est. Si le comportement de l'autre ne reflétait pas ce qui nous habite, nous ne le verrions même pas.

Ainsi, les défauts de l'autre, défauts qui nous agacent le plus et que nous dénonçons, sont nos propres défauts que nous refusons bien souvent de voir.

Par exemple, si nous ne supportons pas les personnes qui se plaignent pour un rien, et que nous crions haut et fort notre mécontentement, cela signifie qu'une partie de nous aime à se plaindre pour rien, sans que nous n'osions nous l'avouer. Alors, l'autre devient un miroir, le miroir de ce que nous sommes, et nous nous agaçons de ce défaut chez l'autre car ce défaut réside en nous et titille notre intérieur, nous fait réagir.

A contrario, si nous sommes d'une nature optimiste, être au contact d'une personne qui se plaint d'un rien ne nous affectera pas. Au mieux nous aurons de la compassion pour elle, au pire nous ignorerons cette tendance à se plaindre, mais dans tous les cas son attitude ne nous touchera pas, cela ne réveillera rien en nous car nous nous sentirons étranger à ce défaut.

Mais alors, pourquoi sommes-nous agacé de voir en l'autre nos défauts?

Tout simplement parce que nous avons peur de souffrir. En effet, un "défaut" est un filtre qui résulte automatiquement d'une blessure et qui nous voile la réalité. Et on pense, à tort, que voir sa blessure revient à la revivre. Alors que voir une blessure permet de la panser et la cicatriser. On ne peut guérir ce qu'on refuse de regarder.

Par exemple, si je me sens stupide (blessure non soignée), et qu'une personne me dit que je suis bête, j'en serais touchée et peinée. Car, la parole de cette personne résonnera en moi et ravivera ma blessure.

Alors que si je me sens intelligente, et qu'une personne vient à me dire que je suis stupide, cela ne me touchera guère. Je ne me sentirais pas blessée par ce propos car je n'ai pas de blessure/faille dans laquelle le terme stupide peut s'immiscer et me faire souffrir.

Ainsi, l'autre devient notre miroir, de par son comportement, ses paroles, l'autre nous aide à voir notre comportement, nos paroles.

Au lieu de s'en agacer, voyons les défauts des autres comme les nôtres, comme une porte vers notre intérieur, donc comme une opportunité d'évoluer. Lorsque nous acceptons que l'autre est notre miroir, ayons de la compassion pour nous même, reconnaissons la présence de nos filtres, qui a un moment nous ont aidés, et comprenons qu'aujourd'hui nous n'en avons plus besoin. Le pardon, à soi même et aux autres, mène à la guérison véritable.

Rappelons-nous que nous attirons à nous des personnes en résonnance avec ce que nous pensons être.

Il en est de même pour les qualités de l'autre, mais une fois de plus est-on prêt à voir et diffuser notre lumière?

Alors miroir miroir, dis moi qui je suis?

 

Emilie Dedieu